La cité des dauphins, histoires policières de science-fiction et chroniques légères

Drogue de rêves

   Il est tard. J'ouvre la porte de mon chez-moi, les épaules fatiguées par mon sac et mes soucis. Dans le frigo, un reste de pâtes, fade comme la bruine tiède qui tombe au-dehors, sans bruit. La télé du voisin fait résonner ses cris incessants, bavardages de pies ou musiques sirupeuses. J'enlève sac, chaussures , me débarrasse de cette carcasse de soucis.
   Ici, la radio éteinte, j'observe les étoiles qui scintillent de leur éternel envoûtement. L'ombre grise stagnant au-dessus des villes les intimident mais elles perçent toujours les nuages. Près de la fenêtre, une plante étale paresseusement ses feuilles vertes.
   Repas sans saveur. Fatigue accumulée. Besoin de se ressourcer, d'oublier sa journée, de s'oublier dans des rêves dont les couleurs s'estompent au matin. Soif de sommeil, d'autre chose que la grisaille qui m'envahit les jours mornes.

   La machine est là, écran allumé. Elle attend. Elle sait de quoi j'ai besoin. Elle sent que je m'approche, un verre d'eau à la main, que je place mes doigts sur les touches par automatisme. Déjà je m'assoie, tirée de ma torpeur du soir. Un geste vers le lecteur de musique, un autre pour ouvrir un document écrit. Centaines de lignes noires jetées sur cet univers blanc, tirées de mon autre sang, celui de mon âme. 
   Un morceau démarre. Une étincelle crépite dans ma tête, bruissant au même rythme que la chanson. Les images se succèdent, emballent mon coeur, et m'engloutisssent dans leurs visions. Imbibée de musique, je vois leurs vies se dessiner dans un univers infini au temps dompté. Je suis l'eau sombre, l'espoir qu'elle recherche, lui qui se perd, la neige qui glisse sans bruit dans l'air et le temps qui passe...

   La musique ralentit, adoucit son chant en un murmure déjà regretté. Les vagues d'images ralentissent, s'espacent...Mes yeux se ferment... La fatigue me rattrappe et me tire de mon cocon, m'arrache à ce que je crée, m'enlève à ce que je suis.

   Je suis de nouveau moi, assise devant l'écran, l'esprit ailleurs. J'ai sommeil.

   J'ai écris.

 

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Qui suis-je ?

   Je m'appelle Istalle, je suis l'héroïne de l'histoire (bientôt disponible) "la cité des dauphins". Qui suis-je ? Comment me définir ?

Parents : le nom de mon père, que je ne porte pas, est-il vraiment celui d'un meurtrier ? Ma mère est devenue folle. Que puis-je voir en elle qui me rappelle des jours heureux où nous étions trois ? Je suis seule, désormais, avec des souvenirs que je préfèrerais oublier.

Passé : la catastrophe de la ville sous-marine d'Ekysse ! Pourquoi ?... Quelle folie a mené un homme à cette destruction ? Ou est-ce un acte réfléchi ? Le passé, les souvenirs me hantent, phagocytant mon identité et ma personnalité... Comment puis-je me construire un présent si le passé est encore assis près de moi ?... Je dois comprendre... savoir...

Eau : ces ombres bleues tournoyantes, combien de fois les ai-je vues en rêve, me ramenant à mes peurs les plus atroces ?... l'eau... cet élément si faible dans ma main et si fort dans l'océan. Elle incarne le mystère, la mouvance du temps. Mais elle m'attire aussi, de sa force qui me pousse à la rejoindre, à revenir là où j'ai perdu mon enfance, où ma vie a basculé... Pourquoi l'eau d'Ekysse continue-t-elle à m'obséder ?... Aurait-elle un pouvoir sur moi ? Ce n'est pas l'appel du large mais l'appel des profondeurs. De ces profondeurs si sombres, ténébreuses, qui manquèrent de me prendre la vie, il y a huit ans...

Vérité : vais-je découvrir quoi que ce soit ? Et si oui, serait-ce mieux pour moi ou le sujet d'une nouvelle obsession ?... Je n'arrive pas à tourner la page, à tirer un trait sur ce qui m'est arrivé. On dit souvent que ce que l'on vit dans l'enfance est déterminant. C'est probablement vrai. Mon enfance la plus heureuse n'a duré que quelques mois, dans cette ville si belle, comme hors du temps. Le temps d'un songe, avant que mon enfance ne m'échappe... Définitivement.

   Mon histoire est celle d'une petite fille à qui il arrive un évènement qui la rend adulte de force. En l'espace de quelques minutes, rêves de princesse et ours en peluche n'ont plus de sens. Rien n'a plus de sens. Rien d'autre que la survie.
   Quant à mon histoire d'adulte, toute jeune diplômée, revenant sur la planète Thétys, près de la ville engloutie d'Ekysse, vous la découvrirez bientôt...

La cité des dauphins.

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Interview n°2 : Jean Filaud

Suite à notre entretien avec l'ex-jardinier d'Ekysse, monsieur Loff, nous avons décidé de vous présenter une personne qui a vécu les évènements de ces deux derniers mois. Monsieur Jean Filaud est membre du CREVIS, le centre de recherche sur la vie sous-marine. Il n'était pas sur notre planète Thétys au moment de la Catastrophe qui a englouti la ville sous-marine, il y a huit ans, et son point de vue est donc différent.

Bientôt, il sera possible de lire mon roman « la cité des dauphins » qui révèle tous les mystères depuis la Catastrophe jusqu'à ce moment présent.

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Interview n°1 : Monsieur Loff

Monsieur Loff est un des rescapés de la Catastrophe, le célèbre engloutissement de la cité sous-marine Ékysse survenu il y a huit ans.

Suite aux évènements récents, concernants cette même cité, nous l'avons retrouvé pour lui demander son avis.

Pour connaître l'histoire, vous pourrez bientôt lire "la cité des dauphins", mon premier roman.

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Renaissance

   Noir. Tout est noir. Du noir si sombre du vide. Il a posé un voile devant ses yeux, grisant le monde, buvant ses couleurs. Le soleil brille, ne le vois-tu pas ? Les ténèbres que tu t'imposes masquent à peine ce qui t'est cher. Tu trébuches sur des mirages en négatif. Qu'es-tu devenue ? Les sombres nuées ont gagné ton coeur, l'ont empoisonné à l'étouffer... 
   Mais tu es toujours vivante.

   Le soleil meurt chaque jour, dans son linceul doré. Ne laisse pas les ombres du crépuscule te le faire oublier. Phénix de l'aube, lumière renaissant chaque fois, même la nuit noire ne l'étouffe pas. 
   Lève la tête.

   Derrière les nuages brillent les étoiles, scintillent les astres de la nuit. Efface tes craintes et écoute le vent. La lune ascendante, pâle reflet d'argent, est soeur de l'or du ciel. Du haut du firmament, le monde endormi s'éveille. La terre frémit sous les lueurs orientales.
   Chasse les brumes amères de tes pensées. Un rayon iridescent rend ses couleurs à ton visage. Laisse-le gagner ton âme.

   En ton coeur sommeille un rameau d'or et d'argent. 
   Ta renaissance.

 

Un petit essai venu comme ça, tout seul... Pour tous ceux et celles qui ont déjà été tristes sans pouvoir le pleurer. Ne jamais oublier : tout peut toujours changer.

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Vol dans les brumes

   Une musique en tête, l'itinéraire sur la carte et je peux commencer. Un, deux, pousser des pieds et prendre de la vitesse. Le soleil n'est qu'un disque doré, a peine visible dans la cité des brumes. D'est en ouest, il trace ma route et j'avance, toujours plus vite, me faufilant entre les toits et les roues de metal.

   Le vent se lève dans les rues, balaye la poussière et dessèche les gorges. Mais je suis déjà hors de portée des nuées... Je vole. Les bras écartés, mes ailes deployées en longues traines d'argent, gonflées par le souffle. Je vole. Libérée de la pesanteur et du joug de la chaleur, en plein ciel, parmi les brumes... Et le vent ne peut rien contre moi.

 

   Pied a terre. Je suis arrivée. Je descends de ma selle avec un soupir, les jambes encore tendues par l'effort, et je vais ranger mon velo contre le mur.
Je mets un antivol pour qu'il ne s'envole pas.

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Naïade, la fille de l'eau

   Frisson. Doucement, l'eau froide glisse dans les profondeurs. Elle s'éveille lentement, au fond de l'onde, ouvre ses yeux couleurs d'abysse. Ses cheveux ondulent comme un banc de poissons. Tout en haut, un éclair d'or laisse deviner le soleil qui se lève, timidement. Le pays de l'ombre gagne en lumière. Le sable d'or luit d'un éclat de trésor englouti.

   Elle s'étire, paresseuse. Ses jambes se rejoignent en une nageoire fine et brillante comme l'argent. D'un simple mouvement, elle bondit vers la surface, quitte son monde pour celui où on ne peut respirer, où l'air omniprésent vous paralyse gorge et bronches. Peu importe. Elle retombe dans une gerbe d'écume, nage vite vers le levant. Les champs d'algues qu'elle traverse se confondent avec ses cheveux et les poissons la laissent passer sans peur.

   Elle arrive dans une plaine. Les eaux sont calmes, le ressac éloigné n'emplit pas ses oreilles du grondement de la mer. Silence. D'autres êtres nagent, au corps indéfinissable sous des milliers de filaments alguaires. Caméléons, ils se font dorés pour qu'elle les voie. Elle louvoie parmi eux, seule au milieu des créatures étranges. Ils la tolèrent, elle est comme eux, un mirage troublé par le sable. Une naïade, reine des mondes engloutis.

 

Voilà, autre essai sur le thème des éléments. C'est même le premier que j'aie fait. A vrai dire, il est à moitié "élément" et à moitié "cité des dauphins". La nouvelle 5 a beaucoup influencé l'écriture de cet essai.
Avec cet article vient la fin des mises à jour régulières, je pars en vacances très loin pour trois semaines. Peut-être mes vagabondages m'inspireront-ils de nouveaux essais, on verra bien...

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Larmes

   Juste une perle dans les yeux. Tout se trouble, l'univers se dilue. Les mêmes sirènes du désespoir entament leur chant du cygne. Une chose si petite, si fine, qui roule doucement. Elle porte en elle tout le poids du coeur. Est-ce que le monde entend la plainte qui tombe, qui coule vers le vide ?

   Objet si fragile, eau de douleur qui fait mal, si mal, et qui fait du bien pourtant... Un léger spasme, un noeud qui serre les entrailles et un frisson qui secoue les chairs. Doucement, lentement, un collier de perles noie le regard, glisse son amertume nacrée.

   Le néant l'absorbe comme la terre boit la pluie.

 

Nouvel essai venu comme ça, en écoutant une musique mélancolique.

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Colère

Cette envie de serrer les poings, d'enfoncer les ongles dans la chair jusqu'à faire couler le sang. Crier de douleur pour masquer sa fureur. Un brouillard pourpre nous entoure, teinte le monde de la colère qu'on ressent, rendant insupportable les joies que l'on nous arrache.

La rage sourde naît au ventre et remonte dans les veines, empoisonnant le coeur, emprisonnant l'esprit. Il n'y a plus rien, ni raison, ni autre émotion. L'univers est flou. La bête aveugle s'empare de nous, lacère la raison, précipite la chair vers la fin.

Hurler toutes les larmes de son âme. 
Et le brouillard s'estompe.

Voilà, juste un petit essai qui m'est venu en écoutant une magnifique chanson, "le cri de la bête" par le groupe Zero.

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La Fille de la terre

Suite du thème sur les élémentaires avec la fille de la terre, c'est-à-dire la nymphe. Bonne lecture.

 

Lentement, le ciel bleu de nuit pâlit à l'est... un rayon de soleil caresse le monde pétrifié de rosée. Une alchimie invisible se remet en route, impalpable. Une tige verte se tourne vers la lumière de l'aube. A l'ombre d'un arbre aux longues ramures, la mousse verte glisse sans bruit.

La nymphe des bois tourne doucement sa tête, couronnée de feuilles vertes aux reflets du levant. La brise lui rend la vie, perdue chaque nuit pour un sommeil sans rêve. Sa peau a une couleur indéfinissable, allant du gris argent et lisse des bouleaux au brun noir des grands pins. Ses cheveux de vigne bruissent dans le langage des feuilles que seuls les astres entendent.

Perchée au sommet des frondaisons ou glissant le long des branches, elle rejoint le sol d'herbe fraîche. Elle court sur la terre mouillée par l'eau du matin, effleurant les fleurs qui rosissent, les plantes qui verdissent, les racines noueuses qui retrouvent un semblant de vie... les graines touchées par ses pieds légers germent sans effort. Et, vers la fin du jour, elle s'allonge sur le sol pour dormir. La terre semble l'absorber.

Vous qui passez, écoutez le murmure du vent dans ses cheveux.

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La Fille du feu

L'autre jour j'étais inspirée (toujours en temps de révisions, bien sûr, sinon ce n'est pas amusant). Heureusement, comme je devais réviser, j'ai tenu bon et je n'ai pas consacré beaucoup de temps à cet essai. J'avais envie de voir le point de vue des quatres éléments naturels, l'eau, l'air, la terre, et le feu, après avoir écrit un essai il y a une semaine sur une naïade (peut-être bientôt en ligne ici).

Je commence donc avec le feu.

 

Elle est née d’une météorite, ses yeux ont la chaleur des étoiles, sa peau la couleur du bronze au soleil. Soeur de Prométhée, elle commande aux flammes brûlantes des Enfers. Boule de feu, son royaume de plomb fondu dort sous l’herbe verte et n’attend qu’un séisme pour se réveiller. D’un claquement de doigts, elle déchaîne les torrents de lave, ouvre les montagnes en deux.

Muse rougeoyante, c’est aussi l’étincelle que les premiers hommes contemplent avec l’effroi de la perdre, la lueur sombre qui cache le pouvoir d’un titan. Elle est l’esprit qui naît des pierres magiques, la flammèche qui brûle le bois et vous réchauffe...

Adorée par les vestales, elle est la force naturelle qui détruit et ne laisse que cendres ou vous protège des loups. La torche dévorant les forêts ou éclairant la nuit glacée.

En ce point rouge de l’âtre réside la vie et la mort.

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Les soeurs numérotées (fin)

Fin de l'essai sur les trois soeurs, alors qu'elles sont encore enfant. Passage jamais utilisé dans la nouvelle 6 "les Veilleurs de l'Aether" mais les traits principaux sont déjà dessinés.

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Les soeurs numérotées (suite)

Suite de l'essai sur les trois triplées, futures Veilleurs numériques (ça concerne la protection du temps passé)... Pruna, Douna et Terça. A noter que Terça a treize ans lorsqu'elle note ceci dans son journal.

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Les soeurs numérotées

Un autre texte non-utilisé pour mes nouvelles, écrit il y a huit mois. Il fait partie des "essais", ces textes que je fais pour trouver des idées ou développer un aspect des personnages...

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Cauchemar glacé

Je me réveille, le souffle court. Il y a une seconde, j'ai failli mourir, étouffée, engloutie par les flots noirs et bleus de mort... Je m'appelle Jade, Jade Maura.

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