Mémoire d'une créature marine II
Je rappelle que ce texte peut spoiler un peu les lecteurs qui désirent lire l'histoire avant...
Toujours en rapport avec le dyptique "cité des dauphins - enfant de l'eau"...
Comme la vue du soleil est ambigüe pour nos coeurs... Cette aura rougeâtre dont les rayons nous brûlent la peau et assèchent nos membres... Ce même astre, responsable de notre exil marin, que nous invoquons pourtant, attendant patiemment le jour du retour à la terre, lorsque le sable d'or bordera nos villes au lieu d'orner les fonds marins...
Mais notre nouvelle vie, déjà millénaire, n'est pas sans agréments... Autrefois rois d'un mince territoire, nous sommes désormais les princes de toute une planète, de la crête des vagues aux profondeurs dont les ténèbres glacent les coeurs de plus faibles êtres...
Aucun phénomène, pas même l'anneau de Neptune, cascade de glace ou de vapeur tombant des nuées, ne peut plus nous atteindre. Les vagues se dressent devant nous en montagnes liquides plus dures que la glace mais nous glissons sans effort de versants en vallées...
Inssaisissables, inaltérables, plus rapides que les tempêtes, capables de frôler les étoiles et de percer les monstres rochers, de la couleur de l'eau comme celle du sable, notre espèce a su dépasser son statut terrestre de jadis pour devenir une puissance marine.
Un jour, si Eyal le veut bien, nous sacrifierons notre maîtrise des éléments pour retrouver les villes du soleil de nos ancêtres.
N'oubliez pas, nous ne sommes tous que les créatures des étoiles.
Dauphin d'Ekysse
Par Lefélinbleu, Mercredi 17 Septembre 2008 à 17:53 GMT+2 dans Essais (article, RSS)






