La grève d'une décérébrée
(je ne donne pas d'opinion, je présente les faits ! Pour ou contre ces grèves, on est tous dans le même sac)
Bonjour... Ou bonsoir... J'arrive à peine à tenir debout. Certaines circonstances dans la vie nous rappellent souvent que nous sommes des animaux, à la base. Je ne parle pas de regarder Canal + un samedi soir, ni même d'aller se soulager en gros, en sale et en étrons dans les WC.
Non. l'expérience d'aujourd'hui a presque été traumatisante (aujourd'hui car les jours d'avant, je n'avais pas cours, pour cause de grève, justement !).
Avez-vous fait ce genre de cauchemar tordu, dans lequel on est compressé à mort au milieu de nourriture. La même scène que dans la guerre des étoiles, mais avec du pain autour du jambon. Appelons ça le syndrome hot-dog. Hot-dog parceque le chien chaud n'en est pas (on n'est pas en Chine). Et hot-dog parceque la pauvre viande est compressée comme des boeufs dans un camion de transport.
Quel suave parfum ! Que arôme subtil que... la sueur du voisin lambda mélangée à l'eau de toilette capiteuse (et trop généreusement employée). Ajoutons un zeste de cigarette qui vient droit sur vos cheveux propres du matin, l'haleine fraîche à l'aïl du quidam qui a trop bien mangé ce midi, l'odeur âcre du métal et des pneus sales...
Et voilà ! Bienvenue dans les transports en commun parisiens !
Une heure de pointe, on prend son mal en patience entre le baladeur monté à fond, les gamins qui se suspendent aux barres (et se font tous petits une fois seuls parmi les autres) et le gros sac de course de Madame Bidule.
Une semaine de grève, c'est beaucoup moins drôle ! Un jour comme ça, ça vire rapidement au chacun pour soi (et le bulletin prévisions pour tous) !
J'arrive donc à mon syndrôme hot-dog (je n'ai pas trouvé d'expressio nfrançaise avec autant de double sens, désolée...). J'ai tendance à être claustrophobe, ça pose déjà la situation. Mais comment ne pas l'être ? coincée, écrasée de toutes parts entre des gens qui ne vous veulent pas de mal, mais dont on est intimement convaincue qu'au fond, ils ne vous veulent pas de bien non plus...
Complètement ratatinée, la saucisse du hot-dog se sent de plus en plus mal dans le rôle du César (vous savez, la sculpture faite par compression...) et finit par s'écrouler au milieu de tous les autres, plus grands qu'elle, qui aspirent le peu d'oxygène qui reste.
En fin de compte, saucisse de hot-dog ou boeufs agglutinés dans un camion, il n'y a pas tant de différence avec nous... c'est toujours de la chair animale compressée. Ainsi vont les voyageurs pressés un jour de grève...
Une autre fois, je parlerai peut-être de la sensation d'être emportée par un fleuve de monde dans le métro, façon "carpe retrouvant sa nature profonde de nageuse de fond, barbotante et bouche ouverte sur un cri qui ne vient pas". ( et quand on perd une botte dans l'aventure, c'est beaucoup moins drôle !...).
Carpement vôtre !
Par Lefélinbleu, Lundi 19 Novembre 2007 à 19:14 GMT+2 dans Chroniques d'une décérébrée (article, RSS)






