La cité des dauphins, histoires policières de science-fiction et chroniques légères

Naïade, la fille de l'eau

   Frisson. Doucement, l'eau froide glisse dans les profondeurs. Elle s'éveille lentement, au fond de l'onde, ouvre ses yeux couleurs d'abysse. Ses cheveux ondulent comme un banc de poissons. Tout en haut, un éclair d'or laisse deviner le soleil qui se lève, timidement. Le pays de l'ombre gagne en lumière. Le sable d'or luit d'un éclat de trésor englouti.

   Elle s'étire, paresseuse. Ses jambes se rejoignent en une nageoire fine et brillante comme l'argent. D'un simple mouvement, elle bondit vers la surface, quitte son monde pour celui où on ne peut respirer, où l'air omniprésent vous paralyse gorge et bronches. Peu importe. Elle retombe dans une gerbe d'écume, nage vite vers le levant. Les champs d'algues qu'elle traverse se confondent avec ses cheveux et les poissons la laissent passer sans peur.

   Elle arrive dans une plaine. Les eaux sont calmes, le ressac éloigné n'emplit pas ses oreilles du grondement de la mer. Silence. D'autres êtres nagent, au corps indéfinissable sous des milliers de filaments alguaires. Caméléons, ils se font dorés pour qu'elle les voie. Elle louvoie parmi eux, seule au milieu des créatures étranges. Ils la tolèrent, elle est comme eux, un mirage troublé par le sable. Une naïade, reine des mondes engloutis.

 

Voilà, autre essai sur le thème des éléments. C'est même le premier que j'aie fait. A vrai dire, il est à moitié "élément" et à moitié "cité des dauphins". La nouvelle 5 a beaucoup influencé l'écriture de cet essai.
Avec cet article vient la fin des mises à jour régulières, je pars en vacances très loin pour trois semaines. Peut-être mes vagabondages m'inspireront-ils de nouveaux essais, on verra bien...

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