La cité des dauphins, histoires policières de science-fiction et chroniques légères

L'ombre d'un danger

Laënda découvre qu'elle a perdu la mémoire, douze jours d'amnésie ! Sa famille a t-elle une explication ? Est-elle au courant ?...

" Laënda ! On est rentrés ! "

Mes parents ! Ils sont là ! ... eux, ils sauront.

   Allongée sur mon divan, je m'assis en un clin d'œil, posai les pieds sur des semelles légères à terre et les fixai grâce aux lanières. Puis je me dépêchai de les retrouver dans la cuisine.

" Avez-vous eu une nuit reposante, Marna ?

- Très, je te remercie, Maryse. Hum ! ton café est excellent.

- Je suis contente qu'il vous plaise. J'ai essayé un nouvel arabica, comme vous l'aviez suggéré. Les choses ont-elles avancé dans vos affaires avec Mars, Kannor ? "

   J'entrai dans la cuisine lorsque mon père reposa sa tasse en acquiesçant. Il me dévisagea étrangement et paru réfléchir tandis que je l'embrassais. Des mèches brunes vinrent me chatouiller le front.

" Bonjour papa ! Dépêche-toi de te coiffer ou tu ressembleras à un porc-épic !

- Tu as meilleure mine aujourd'hui, Laënda... fit ma mère, pensive. J'en suis bien contente. N'oublie pas de prendre tes vitamines, tu en as besoin.... "

   Je l'embrassai à son tour, mais machinalement. Puis je reculai afin de mieux observer leurs réactions quant à ce que j'allai dire.

" Ces derniers temps, j'étais très fatiguée, non ? je n'arrive pas vraiment à me souvenir de ce qui s'est passé... en fait, je crois que j'ai perdu la mémoire. "

   Ma mère ramenait ses courts cheveux blonds en arrière et elle suspendit son geste, une lueur d'inquiétude dans ses yeux bleus. Mon père se tourna vers elle.

" C'est vraiment très étrange... est-ce que vous êtes au courant de quelque chose ? Est-ce que j'ai été malade ?

- Oui, répondit mon père, tu as été malade. C'était une maladie grave. Tu étais souvent dans les vapes. Mais ne t'en fais pas : c'est fini, maintenant. "

   Je me blottis dans ses bras, soupirant d'aise. Cette histoire était somme toute banale. J'avais attrapé une maladie bizarre qui m'avait rendue patraque et qui... Trélia ! je me dégageai.

" Papa ! Dis-moi, quel est le nom de cette maladie ? Je crois qu'une amie à moi l'a aussi. "

   Une lueur d'intérêt brilla furtivement dans ses yeux, aussitôt remplacée par l'inquiétude et il me prit par le bras, m'obligeant à le regarder droit dans les yeux. Ses doigts me pressaient désagréablement la peau.

" Laënda, ma chérie, qui a cette maladie ? c'est très grave, elle est très contagieuse et peut se transmettre-

- Papa, le nom !

- Oh ! je ne m'en rappelle plus, il était très compliqué tu sais... mais heureusement, tu es guérie maintenant. Tu ne veux pas me le dire ? Allez, Laënda, sois gentille ! "

   Pendant ce temps, ma mère continuait à prendre son café, indifférente. Un signal d'alarme retentit dans mon esprit. Je sentis qu'il y avait des choses à ne pas dire, même à ses parents. Mon expression de perplexité m'aida et j'essayai de paraître naturelle...

" Oh, je... c'est trop bête, le nom est parti ! désolée...

- C'est quelqu'un de ta classe, n'est-ce pas ? "

   Je ne l'avais jamais vu ainsi. Il se montrait étonnamment pressant, lui qui ne se souciait pas tellement de la santé de mes amis, d'habitude...

" Narié, Takou... Trélia peut-être ?

- Non, non : ce n'est pas une fille de ma classe ! répliquai-je, ça j'en suis sûre !

- Bon... si tu t'en rappelles, parle-moi d'elle. J'ai des amis qui traitent ce genre de maladies, ceux-là même qui t'ont aidé à t'en sortir. Ils l'aideront... d'accord ?

- Hum humm... bon, je dois y aller, je vais être en retard ! "

   Il me lâcha. Ses doigts avaient imprimé une trace rouge sur mon bras, mais ce n'était pas ce qui me préoccupait le plus. J'étais stupéfaite : je leur avais menti ! incroyable ! je ne l'avais encore jamais fait pour une chose sérieuse, même par omission... mentir est grave et dangereux, c'est ce que j'ai appris depuis que je suis toute petite : cela entraîne des malentendus et on ne peut plus vivre avec.
La peur, que je commençais à ressentir au creux de l'estomac, me le faisait bien comprendre.

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