La milice blanche
Trélia en danger. Rencontre de laënda, l'héroïne principale de l'histoire. Si le thème précis n'apparaît qu'en filigrane, l'ennemi est bien là.
Deuxième partie de l'introduction. Désolée c'est long mais il faut voir l'ensemble
A noter : "la milice blanche" était l'un des titres provisoires de l'histoire, de même que "la mémoire perdue".
Bonne lecture !
" Trélia ? Est-ce que ça va ? Est-ce que tu arrives à te reposer ? "
Sans qu'elle s'en aperçoive, sa meilleure amie Laënda était venue la rejoindre. Ses cheveux blonds, finement bouclés, descendaient presque jusqu'à la taille, mais pour la nuit, ils étaient nattés. Un souci d'esthétique les lui avait fait ramener devant par-dessus une épaule. Trélia la dévisagea. Elle avait de beaux yeux verts, le teint mat et un sourire éclairait son visage sans défaut. Elle, elle dormait sans aucun problème. Du moins... ces temps-ci. Trélia lui avait connu un autre visage. Et encore : elle savait que Laënda dissimulait bien ses problèmes et que des cernes se cachaient sous le maquillage.
" Non, je vais très mal... je n'arrive plus à m'endormir dans le cocon. Et j'ai reçu un message à cause de ça. "
Laënda perdit son sourire et lui posa une main sur l'épaule pour la réconforter. Son amie était pâle, d'une pâleur de cire, maladive, qui contrastait avec les traits noirs sous ses yeux. La jeune fille ne savait que dire et une crainte irraisonnée, surgie brusquement, lui tordait le ventre. Mais elle essaya de se montrer optimiste :
" Ne t'en fais pas. Nous réussirons à te sortir de là.
- Je ne sais pas. Peut-être... Tu ne comprends pas, toi : tu as oublié...
- J'ai oublié, peut-être, mais tout n'est pas perdu. Il faut que tu m'aides ! "
Trélia eut un petit rire, triste et nerveux à la fois.
" Tout n'est pas perdu ! Pour toi, non.... Moi... Je me sens vide, je suis fatiguée... "
La voix de Trélia trahissait une lassitude trop longtemps refoulée ainsi que du désespoir. Ses yeux lançaient un message de détresse mais Laënda, semblait impuissante à y répondre. D'un geste, elle écarta la main de son amie et abaissa son regard vers le sol.
" Laisse-moi seule, s'il te plaît.
- Mais... et ce que tu m'as donné ?... Il faut tout mettre au point, c'est important ! (Trélia resta silencieuse). J'ai besoin de t'en parler. C'est urgent ! Appelle-moi aujourd'hui et nous irons à l'atrium. "
Trélia ne répondit pas. Laënda la dévisagea, une inquiétude grandissante l'étreignait. Puis, la gorge nouée, elle tourna les talons. Elle n'entendit pas Trélia murmurer :
" Vous pouvez venir maintenant, je ne pourrai pas me défendre... "
Laënda avait parcouru les vingt-cinq mètres et passa le coude qui menait à la sortie. Elle franchit la porte, marcha jusqu'aux téléporteurs puis se ravisa. Les gens faisaient la queue, ils en auraient pour un moment. Elle revint en arrière, décidée à parler à son amie. Elle allait reprendre à droite pour s'engager sur la passerelle lorsqu'un léger bruit de course la fit s'arrêter. Elle resta prudemment derrière le coude et pencha la tête pour regarder. Trélia n'avait pas bougé et fixait toujours le sol, mais une patrouille d'hommes l'entourait, menaçante. Seul le bas de leur visage était visible. Une combinaison, des bottes, des gants et un casque, blancs, cachaient le reste. Laënda, parcourue de frissons, se colla contre le mur du couloir. Elle savait parfaitement ce qui arrivait. Une terreur se réveilla en elle. Elle avait peur, peur pour Trélia et peur pour elle. Elle connaissait ces hommes... Elle savait ce qu'ils faisaient.
" Oh non ! La Milice blanche... Pas Trélia ! "
Son existence était une rumeur, mais Laënda ne pouvait pas douter de ce qu'elle voyait. D'autant plus qu'elle l'avait déjà rencontrée. La Milice blanche, chuchotait-on, emmenait parfois des gens. Personne ne savait pourquoi, un parent, un frère, un ami, un voisin pouvaient bien disparaître. Ni pour quel endroit. On disait aussi qu'ils revenaient, mais changés... mais les gens en parlaient peu. Ils ignoraient la vérité ou voulaient l'ignorer. On la cachait aux enfants. Ceux qui savaient quelque chose se taisaient et la peur se lisait dans leurs yeux lorsqu'on en parlait. Pourtant, personne ne savait vraiment qui était derrière tout ça, ni combien de gens " changeaient ".
Trélia ne bougeait toujours pas, comme statufiée et perdue dans de sombres pensées. Un de ces êtres blancs, presque immatériels, étendit une main. Pétrifiée d'angoisse, réfugiée derrière le coude du couloir, Laënda ne pouvait en détacher son regard. La main tenait un petit objet ovoïde, irisé. Trélia leva un peu la tête et son regard éteint croisa celui d'une silhouette de glace. Un éclair traversa l'espace et elle s'écroula sur le sol, inerte, telle un pantin disloqué. Laënda étouffa un cri d'horreur. Elle tourna la tête, hors de vue et glissa lentement à terre, le regard vide.
Dans l'air, un rossignol chantait le printemps de sa voix mélodieuse...
PS : j'ai modifié le format du texte, il est désormais plus proche de celui que je tape. les dialogues sont plus visibles et les paragraphes aussi. Si l'on veut que je revienne à l'ancienne version, faut me le dire.
Question de lisibilité.
Par Lefélinbleu, Samedi 26 Mai 2007 à 15:41 GMT+2 dans Nouvelle 4 - Mémoire interdite (article, RSS)






