Un mort s'en va...
Aranéa est enfin détruite. Avec la mort d'Alexor, son chef, et l'emprisonnement des membres survivants, l'enquête est quasiment bouclée...
Pour lire le début de cette histoire policière, allez dans la rubrique "extrait" sur l'article "Nouvelle 3 un mort se venge".
Même par visiophone interposé, Tradën rugissait assez pour réveiller l'AEP entière.
" Comment ? Votre dossier n'est toujours pas bouclé ? je l'attends et de pied ferme ! dépêchez-vous de le terminer avant une semaine, dernier délai ! "
Médraline s'éloigna de la machine en grimaçant : Ralian et Fïndril n'aient pas besoin du haut-parleur en tout cas !... c'était superflu de l'avoir mis !
" Mais, Monsieur, il reste des choses à éclaircir...
- Quoi donc ?
- Trouver les commanditaires du VVP, le moyen par lequel Alexor conditionnait ses comparses, le siège d'Aranéa dans les bas-fonds,-
- Vous croyez peut-être que vous pourrez trouver tout ça ? mais, pauvres petits Enquêteurs, personne ne pourra vous aiguiller, car personne ne voudra en parler. Officiellement... "
Ralian échangea un sourire avec ses amis et continua en même temps que son supérieur :
" Officiellement, le VVP était une erreur scientifique, et sa propagation un accident déplorable... On sait !
- J'ai tout entendu ! mais c'est la vérité. Trop de gens ont été impliqués dans cette affaire. Et ils le regrettent sûrement, vu ce que l'épidémie du VVP aurait pu donner. Nous sommes intervenus de manière efficace et immédiate, mais sinon... Pensez, déjà un demi million de personnes était touché !... heureusement que l'antidote a été donné à tous très rapidement. La peur a été plus forte que la méfiance. Avez-vous découvert comment l'épidémie s'est propagée ?
- A cause d'une lettre, répondit Fïndril. Elle était entièrement imprégnée, de l'intérieur, d'une substance qui propageait le VVP par simple contact...
- Parfait. Votre dossier... dans moins d'une semaine.
- Nous pourrons vous le remettre ce soir, demain matin au plus tard " dit Médraline.
Ses amis comprirent et une expression de mélancolie se peignit sur leur visages. Tradën, s'il savait, ne dit rien. L'Enquêtrice raccrocha.
Aujourd'hui, nous sommes le 5 février, la date fatidique. Encore dix heures et la journée sera terminée. Mais jusqu'à quand Nelloré tiendra t-il ?...
Tous trois quittèrent le bureau 513 pour se rendre au secteur " soins et observation " de l'AEP. Nelloré les y attendait, dans sa chambre. Ses cheveux avaient blanchi. Des rides inconnues plissaient son front inaltéré deux mois plus tôt. De jeune homme de 35 ans, son physique était devenu celui d'un vieillard à l'air noble. Il avait cependant toute sa tête. Il les regarda approcher dans leurs tenues bicolores de bureau.
" Bonjour, dit-il d'une voix lasse. Je crois que j'y suis cette fois.
- Votre famille est-elle venue vous voir ?
- Oui, ne vous en faites pas pour cela. Ils ne devraient d'ailleurs plus tarder : ils m'ont dit qu'ils seraient auprès de moi dès 15h00. Mais allez, asseyez-vous... "
Ils prirent les trois chaises près du lit.
" Ces derniers temps, je ne souffre plus. Mon arthrite semble se calmer. Tant mieux. J'ai fait ma petite promenade tout à l'heure, comme tous les matins. Il fait beau. Heureusement, j'ai une fenêtre dans cette chambre, je n'aurais pas aimé me contenter d'une image retransmise sur écran... il fait vraiment très beau. C'est un beau jour pour mourir. "
Médraline baissa la tête, tandis que ses collègues en faisaient autant. Le plus dur était d'être impuissant : en face d'elle, la vie de Nelloré s'écoulait hors de lui par la faute d'un criminel. Et l'antidote était arrivé trop tard. En moins de deux mois, il avait vieilli d'une cinquantaine d'années, sans espoir de rajeunir un jour.
" Ne soyez pas tristes... je comprends bien ce que vous ressentez, mais ne vous mettez pas dans un tel état pour moi. Et puis... ajouta t-il avec un sourire de satisfaction, je suis vengé ! j'ai eu en contrepartie ce que je voulais : Aranéa n'existe plus et son chef, à cause de qui tout est arrivé, s'est suicidé. Adieu, numéro 15 (il fit un signe de la main), et bien le bonjour en enfer ! "
Nelloré s'éteignit une heure plus tard, le visage paisible, au milieu de sa famille en pleurs. Médraline, Ralian et Fïndril l'accompagnèrent avec sa sœur, son frère, ses parents et quelques amis jusqu'au crématorium.
Bientôt l'épilogue de la nouvelle 3 : un mort se venge.
Par Lefélinbleu, Mardi 24 Avril 2007 à 14:10 GMT+2 dans Nouvelle 3 - Un mort se venge (article, RSS)






