Vers la fin...
" Le docteur Alexor, vous dites ? Il est juste deux portes plus loin. Si c’est urgent, hâtez-vous : il part en congé dès ce soir. "
Les Enquêteurs remercièrent chaleureusement, soulagés d’avoir trouvé. La porte refermée, ils échangèrent des regards lourds de sous-entendus. Le docteur mettait les voiles.
[...]Alexor était assis à son bureau, l’ordinateur à sa droite. Il se leva. Il était vraiment tel que la photo le représentait. Des yeux noirs insondables, enfoncés dans leurs orbites, les cheveux châtains grisonnants, une stature imposante.
" Bonjour. Je suis le docteur Alexor. Vous n’avez pas de rendez-vous je suppose… En quoi puis-je vous être utile ? "
Tous trois –bien qu’ils le dissimulèrent– furent stupéfaits : pas de réaction particulière. Il agissait en simple docteur, comme si de rien n’était. Se seraient-ils trompés ?…
" Nous aimerions vous entretenir au sujet d’une affaire privée, au sujet d’un de vos clients.
- Certainement, Enquêteurs. Venez dans le coin salon, nous serons plus tranquilles. "
Il les guida jusqu’aux canapés et les invita à s’asseoir.
" Voilà. De quoi voulez-vous me parler ? "
Ils hésitèrent une seconde, puis Ralian commença :
" Vous souvenez-vous d’un certain Nelloré, que vous avez eu pour client ?
- Humm… oui, je vois de qui il s’agit.
- Vous deviez analyser son état mental, n’est-ce pas ?
- Ah oui. Tout à fait. Un homme… dangereux. Atteint par une forte paranoïa. C’est étrange, il n’est pas revenu me consulter depuis… Avez-vous eu de ses nouvelles ?
- Certainement, oui… il est décédé. "
Alexor se montra surpris. Apparemment, il ne comprenait pas la raison de leur venue… mais Ralian poursuivit :
" Je dois vous demander de nous conduire chez vous : d’après ses dires, vous seriez responsable de sa mort, et il aurait dissimulé une bombe chez vous.
- Une… bombe ? je dois admettre que je ne comprends pas, dit-il avec un faible sourire, qu’ai-je donc fait à Monsieur Nelloré ?
- Il vous accusait d’avoir tenté de déséquilibrer davantage sa santé mentale.
- Pardon ?… "
Alexor ne semblait plus rien comprendre.
" Excusez-moi… comment est-il mort ?
- C’est assez …original : il s’est rendu au sommet d’un immeuble désaffecté et s’est jeté dans le vide. "
Cette fois, Alexor fronça carrément les sourcils.
" Il serait donc mort… de paranoïa ?
- C’est ce que nous aimerions savoir, insinua Fïndril.
- Je ne vois pas ce que vous pouvez espérer de moi… fit le psychiatre en se levant pour marcher dans la pièce.
- Monsieur Alexor, dit Médraline, cela faisait… 15 jours qu’il vous avait consulté, non ? "
Le psychiatre s’arrêta.
" Non, un mois et demi.
- Ah tiens, j’aurais cru… continua t-elle, visiblement troublée.
- Pourquoi donc ?
- Je l’ignore… il doit s’agir d’autre chose. Ah oui : de cette affaire de crimes réguliers. Tous les médias se l’arrachent.
- Quelle affaire ? demanda Alexor.
- Ah, elle vous intéresserait sûrement, du point de vue médical, bien sûr. Le meurtrier a déjà fait quatorze victimes, et il risque bientôt d’en avoir quinze.
- Quatorze ? ! mais aucun média n’en a jamais parlé.
- Ah ! poursuivit-elle, l’air coupable, je suis en train de transgresser le secret de mes collègues Enquêteurs. Ce sont Ralian, Médraline et Fïndril, le " trio infernal ", qui s’en occupent. Personne n’ose le dire, mais en réalité, ils ont échoué dans leurs recherches. Et la cadence s’est accélérée : deux meurtres par jour depuis vendredi.
- Nous ne devrions pas en parler, ajouta Fïndril, mais c’est hélas la triste vérité. Pauvres victimes. L’analyse du médecin légiste a révélé qu’elles ont eu une peur atroce avant de mourir.
- Et vous dites qu’il y en aura d’autres…
- Oh, une seule ! reprit Ralian. Après nous serons de nouveau tranquilles… le meurtrier nous a donné le nombre de meurtres qu’il prévoyait : 15. "
La tension monte et Alexor ne tiendra pas très longtemps. A suivre...
Par Lefélinbleu, Jeudi 29 Mars 2007 à 16:37 GMT+2 dans Nouvelle 3 - Un mort se venge (article, RSS)






