Vers le suspect
Fïndril au volant, l’aéro du trio fonçait de nouveau dans la ville.
" L’adresse d’Alexor ?
- Deux secondes, Fïndril, fit Ambre dans son oreille, je la recherche précisément. J’ai obtenu la permission d’utiliser le visio – tube, et je t’envoie ses coordonnées sur ton portable. Voilà : bâtiment 5, entrée 2 du Grand Hôpital, 8 rue de la source.
- …Je l’ai ! Ambre, je t’adore (il coupa la communication). Médra ! enregistre les coordonnées.
- C’est fait !
- Accrochez-vous ! prévint-il, je passe en mode supérieur.
- T’es fou, on risque de se faire arrêter !
- Impossible, j’ai fixé le paramètre " mission " dans l’ordinateur de bord. Et puis, qui nous arrêterait ? nous sommes de l’AEP !
- C’est parti… "
Slalomant à une vitesse folle entre les autres aéros fuselées et brillantes, le bolide argenté franchit en un temps record le Pont de l’arche qui coupait la ville en deux, remonta à toute allure le boulevard Gannaud et s’attaqua à une dédale de rues entremêlées qui servit de raccourci. Puis le véhicule s’arrêta près de l’entrée numéro 2, juste devant la sortie du parking.
" Heu… ça va aller ? " demanda Fïndril.
Médraline était affalée sur le tableau de bord et Ralian ouvrait sa fenêtre, très pale.
" ça pourrait aller mieux…
- Ne perdons pas de temps, allons-y.
- Attends ! dit Ralian, –sortant un petit miroir de sa poche, ainsi qu’une petite barrette à cheveux– Médraline, tu veux bien me tenir ça ? "
Un instant plus tard, sa mèche rousse avait disparue, retenue et cachée sous ses cheveux noirs. Fïndril siffla :
" Wahou ! quel changement ! c’est à peine si je te reconnais.
- C’est impec’ ! dit sa collègue. Nous, on n’en a pas besoin : aucun signe distinctif. Mais lui si.
- Assez bavassé ! les rabroua t-il en souriant. Il faut y aller. "
Médraline regarda un instant le bâtiment, parlant pour elle-même.
" C’est très haut. Combien d’étages ?… "
Ils coururent vers l’entrée –de larges portes qui se refermèrent avec un bruit assourdissant– et passèrent rapidement le test d’identification. dans une pièce surveillée. Des hommes de la sécurité, en tenue grise, observaient leurs moindres mouvements de derrière une vitre incassable. Une fois à l’intérieur, les trois Enquêteurs ôtèrent leurs manteaux, révélant leurs armes : chacun portait deux pistolets, l’un près du bras gauche et l’autre à la hanche, du côté droit. S’en apercevant, l’un des gardes vint les trouver. Ralian prévint sa question :
" Je regrette, mais nous sommes Enquêteurs en mission. En conséquence, nous ne pouvons enlever nos armes.
- Pour quelle raison êtes-vous ici ?
- ?… je viens de- "
Fïndril le coupa en lui écrasant le pied et prit la parole :
" Nous souhaitons voir le docteur Carr, à titre personnel.
- Bien. "
Le garde, les observant toujours, les laissa passer. On pouvait lire… une certaine réticence ? dans son regard. Au bout d’un moment, le vigile hors de vue, Ralian n’y tint plus :
" Fïndril, tu n’aurais pas pu y aller moins fort ? j’ai le pied en compote…
- Je suis désolé, mais tu allais t’emporter. Je connais le docteur Carr, et il vaut mieux que personne de la réception ne sache qui nous allons voir… au cas où Alexor se ferait prévenir. "
L’hôpital était entièrement blanc, hormis le mobilier en bois synthétique et les plantes vertes disséminées çà et là. les tables basses portaient des armatures métalliques. Le bâtiment tout entier, excepté quelques taches de couleur, était de blanc et de métal. À ce moment, ils se trouvaient dans une aire d’attente aménagée près de l’accueil, et entourée d’arbustes et de plantes en pot. Ralian les y entraîna d’un signe.
" Vous avez la même idée que moi ?
- Je crois bien…
- Exécution ! "
A l’abri des regards indiscrets, ils enlevèrent les pistolets placés près du bras gauche et les glissèrent entre leur combinaison et une botte. Puis ils posèrent chacun un avant-bras sur le mur et pressèrent un bouton situé derrière le col de leurs combinaisons. Toutes trois virèrent au blanc.
" Hum ! dit Médraline, je ne sais pas si les bottes noires sont de rigueur dans un hôpital, mais on peut tout de même essayer.
- À présent qu’on peut davantage " se fondre dans le décor ", dépêchons-nous de trouver Alexor.
- Ne t’en fais pas Ralian, dit son collègue, la charmante demoiselle de l’accueil sera ravie de nous aider : elle a l’air de s’ennuyer à mourir.
- Hé bien si nous devons courir après notre criminel dans le coin, elle ne s’ennuiera pas (ils se rapprochèrent). Pardon, mademoiselle, le docteur Alexor s’il vous plaît… "
A suivre...
Par Lefélinbleu, Lundi 26 Mars 2007 à 17:45 GMT+2 dans Nouvelle 3 - Un mort se venge (article, RSS)






