La cité des dauphins, histoires policières de science-fiction et chroniques légères

XIII - L'antidote

Ou comment la recherche d'un vaccin peut vous coûter la vie... Suite de la nouvelle 3 "Un mort se venge". Médraline doit arrêter l'un des membres d'Aranéa, qui travaille en laboratoire... Extrait un peu long mais paragraphe complet tel quel.

Ralian démarra et l’aéro se souleva du sol. Il conduisait rapidement, mais l’ordinateur de bord empêchait toute collision. Les immeubles, tout d’abord luxueux et modernes, gagnaient en simplicité au fur et à mesure qu’ils se rapprochaient. Ils traversaient une zone du quartier promise à la rénovation et dont les bâtiments dataient plus que d’habitude, à Européa. Vingt minutes après leur départ, le bolide fuselé se garait devant le laboratoire Futuris. Médraline en descendit, ferma son manteau et ajusta une mini-oreillette.

" Si jamais j’ai un problème, soyez prêts à me donner un coup de main.

- Tu crois qu’il s’attendra à une visite ? demanda Fïndril.

- Peut-être, si les médias ont eu vent de l’arrestation de Virian. On ne sait jamais.

- Hé ! fit Ralian, alors qu’elle se tournait vers le labo, fait gaffe ! peut-être pourrais-tu servir de cobaye !

- Ça mon cher, je n’en ai pas l’intention. Et je compte revenir avec la formule de l’antidote, ou un échantillon. "

Médraline leur fit un petit signe de la main et prit l’allée bordée de neige qui menait à l’entrée. Elle y passa sans difficultés le test d’identification, mais lorsqu’elle annonça le motif de sa venue, elle eut la surprise d’entendre la voix de son suspect :

" Une Enquêtrice ? ma foi, si je puis vous être utile pour une affaire… je vous en prie. Je me trouve au premier étage, dans la salle d’expérimentation numéro 3. Je vous attends… "

 

Hum ! il est bien pressé de me voir… Il me tend sûrement un piège ! Pas de fausse manœuvre.

Empruntant l’escalier de réserve, plus sûr que l’ascenseur –qui dans ce cas ne servait pas à grand-chose– elle arriva rapidement au premier étage et se retrouva devant un couloir aux portes closes. La salle 3 était là.

Deux précautions valent mieux qu’une…

Elle sortit de sa poche une visière à infrarouge qu’elle ajusta devant ses yeux.

Apparemment, personne dans la 3. Vieux renard ! Je n’ai pas l’intention de me faire prendre… Hum, quelqu’un dans celle d’à-côté. Allons voir.

 

Médraline releva sa visière et déboula dans la salle 5, paralyseur au poing. La pièce renfermait d’énormes ordinateurs reliés à des cuves expérimentales, des terrariums remplis de rats et de souris, des cloches de conservation et des tablettes rondes garnies d’ustensiles –dont des pistolets injecteurs. L’Enquêtrice reconnut Manouin, affairé devant un ordinateur expérimental relié par de nombreux tubes à la salle 3.

Le scientifique se tourna vers elle, prêt à saisir un pistolet injecteur, mais Médraline lui tira dans les jambes. Il bascula en arrière, se retenant de justesse à une tablette. L’Enquêtrice se précipita sur lui, mais il saisit un récipient et le lui lança à toute volée.

" Raté ! " fit-elle, se baissant.

Bondissant sur le côté, elle tira et Manouin s’écroula au sol, entraînant la tablette. Il demeura immobile. Satisfaite, Médraline s’avança, deux cercles d’acier dans la main gauche, et se pencha pour les lui passer.

" Alors, on voulait me gazer ?… je vous arrête pour assassinat et tentative d’assassinat. "

 

Soudain, Manouin l’agrippa du bras droit. Se rejetant en arrière avec force, Médraline ressentit une douleur au cou. Elle assomma l’homme d’un grand coup de crosse, puis lui passa les menottes. Puis elle porta la main à son cou : il portait une fine aiguille. Le scientifique lui avait injecté un produit ! Angoissée, elle regarda autour d’elle, et vit un pistolet injecteur dans la main droite de Manouin.

" Oh non ! non ! Ralian ? Fïndril ? venez vite, je l’ai eu, mais je crois qu’il m’a injecté le VVP !

- Quoi ? ! On arrive, ne bouge pas. Ou es-tu ?

- Premier étage, salle 5. Faites vite ! "

L’horreur la submergeait. Des mots de Nelloré lui revinrent en mémoire : " il aurait fallu que je l’obtienne dans les trois premiers jours ! " Médraline tituba, haletante. La salle tournait autour d’elle. Une sensation d'oppressement lui écrasait la poitrine. Elle s’assit, puis s’effondra, tenant entre ses doigts crispés le pistolet injecteur et l’aiguille qui avaient servi.

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