Darol, un des traîtres
" Où habite le plus proche ? demanda Médraline, assise dans un canapé de la cafétéria.
- Lamont ? …à cette heure, on le trouvera en permanence, au poste de police est du quartier 16, répondit Ralian.
- Le 16ème ? Bigre ! on a affaire à un haut gradé. Ça ne va pas être facile pour toi.
- Oui, mais Fïndril a choisi le plus délicat : arrêter Darol posera des problèmes.
- Où siège le comité ?
- À l’étage –5.
- L’étage " interdit " ? celui auquel on ne peut accéder qu’en détenant la carte rouge de l’ascenseur ?
- Exactement ! maintenant, il va devoir s’y introduire –grâce à Tradën– et y arrêter Darol… en le forçant à se démasquer.
- Délicat, en effet. Comment va t-il faire ? "
Ralian eut un petit sourire :
" Confrontation … Darol potasse un dossier en ce moment. Il est toujours le premier à arriver à 8h00, pile à l’heure. Fïndril n’aura pas de mal à le trouver. Et lorsqu’on l’aura arrêté, prouver la culpabilité des autres ne sera pas bien difficile. "
Fïndril passa la carte rouge –empruntée à Tradën– devant la plaque de reconnaissance de l’ascenseur. Les portes s’ouvrirent et il pénétra dans le cinquième sous-sol de l’AEP. Il traversa l’entrée et arriva à la première salle, comprenant des bureaux, des dossiers rangés sur des étagères et un coin salon. Il y avait deux hommes dans la pièce, à leurs bureaux respectifs. À l’un d’entre eux se trouvait monsieur Darol, éminent membre du comité des sélections d’Enquêteurs. Celui-ci leva la tête en entendant le pas de Fïndril. Le jeune homme salua ses supérieurs et, se tournant vers Darol, lui remit une puce mémoire.
" De la part de Monsieur Tradën, dit-il d’une voix plus aiguë.
- Bien, merci… "
Il relia la puce à son ordinateur. La missive proposait à Darol de s’occuper d’un " cas de haute trahison ". Le traître se trouvait à présent " surveillé dans la cellule renforcée numéro 15 ", et le message précisait également que " le porteur du présent enregistrement vous y conduira ".
" Parfait, je n’ai pas d’objection. Dites-moi, jeune Enquêteur…
- Faveau, Monsieur (c’était le nom d’un Enquêteur qui ressemblait assez à Fïndril).
- …Faveau. Pourquoi portez-vous votre combinaison de combat ?
- Hé bien… je viens de terminer un entraînement de dissimulation à l’étage 3, et je n’ai pas encore eu le temps de me changer.
- Savez-vous pourquoi votre directeur a porté cette puce au lieu d’utiliser le service de messagerie interne ? "
Darol paraissait vouloir vérifier les connaissances de Fïndril. Celui-ci simula une réflexion, les yeux aux plafond, et donna la réponse –qu’il connaissait depuis son entrée– en faisant semblant d’hésiter, comme un écolier :
" L’utilisation d’une puce pour s’adresser à un membre du comité sert à préserver les données de tout éventuel pirate informatique. "
Darol le considéra en hochant la tête murmurant " bien, bien… " comme à un élève, puis il se leva et invita l’Enquêteur à le précéder. Un sourire de satisfaction éclaira une seconde le visage de Fïndril qui se dirigeait vers l’escalier, juste à côté de l’ascenseur. Ils descendirent d’un étage et arrivèrent dans le secteur de détention provisoire de l’AEP. Le garde leur ouvrit la cellule 15. À l’intérieur, assis sur son lit, se trouvait un homme vêtu de blanc, aux courts cheveux noirs et aux yeux d’émeraude. Darol le regarda calmement quelques instants, puis demanda :
" Cette cellule est insonorisée, n’est-ce pas ?
- Oui, monsieur, répondit le garde.
- Bien. Enquêteur Faveau, attendez-moi dehors. J’ai à parler avec cet homme. "
Darol s’assit près de la table, tandis que le détenu faisait de même. La porte se referma, laissant les hommes seuls, face à face.
Par Lefélinbleu, Lundi 12 Fevrier 2007 à 22:12 GMT+2 dans Nouvelle 3 - Un mort se venge (article, RSS)






