La cité des dauphins, histoires policières de science-fiction et chroniques légères

Du traitement laser (des taupes de l'AEP)

Après la visite de Ralian à Eole, l'informateur, le trio s'est entretenu avec Tradën. Suite aux découvertes des micros par Ambre et à divers indices, ils ont conclu à la présence d'une taupe dans l'AEP. Et ont déjà leur idée sur la question... Afin de rechercher des preuves, il est nécessaire de neutraliser la taupe. C'est à Ambre que la tâche a été confiée.
« Hé, Virian ! »
L’Enquêteur aux yeux d’émeraude leva le nez de son ordinateur. Un signal d’alarme retentit dans son esprit : Ambre se tenait dans l’encadrement de la porte.
« J’ai entendu dire que tu avais eu plus de points que moi et que pour cette raison tu avais été accepté plus rapidement.
- Hum hum, et après ?…
- Je ne crois pas que tu sois plus fort que moi. Tu as une heure de pause ?
- Oui, dans cinq minutes. Tu n’oserais pas me défier, quand même? »
Ambre eut un sourire espiègle.
« Mais si, absolument !
- Ah oui ? (il se leva) On va voir alors de quoi tu es capable. Je te laisse le choix des armes.
- Tu es trop bon ! » dit-elle avec un sourire hypocrite.
Attends un peu, tu vas prendre la raclée de ta vie ! et tu ne l’auras pas volée…
Elle s’avança et le pointa du doigt.
« Les armes laser ! les plus dangereuses. Je te promets de ne pas te tuer. »
L’espace d’un instant, Ambre vit Virian pâlir.
Pourquoi est-ce qu’elle me demande ça ? se demandait-il. Qu’est-ce qu’elle veut ? Elle ne saurait tout de même pas… non, impossible. Calme-toi. Tu deviens paranoïaque ou quoi ? C’est à cause du… n’y pensons pas. Allons lui faire une petite démonstration…
L’impression fugitive passa  et Ambre eut de nouveau devant elle le calme visage de Virian.
Et toujours ce je-ne-sais-quoi de méprisant dans le regard… Qu’il est désagréable !
« Bien, je suis à toi. Tu va te rendre compte de ce que je sais faire. Allons dans la salle d’entraînement. »
Il lui emboîta le pas. En passant devant la cafétéria, Ambre ne regarda même pas ses trois amis, mais leur fit discrètement le signe « à mort » des empereurs romains, le pouce vers le bas. Ralian resta de marbre mais but une longue gorgée de citronnade. Fïndril lui fit un petit signe de la main, l’air de rien. Médraline cligna des yeux  pour montrer son assentiment. Ambre, suivie de Virian, emprunta l’ascenseur (toujours bondé) situé près de la porte du directeur.

Ils arrivèrent au troisième sous-sol qui comprenait les salles d’entraînements au tir et la piscine (« pour maintenir la forme, pas pour patauger et s’éclabousser comme des gamins ! » disait Tradën). Là, ils s’équipèrent de lasers à haute puissance auprès du surveillant des opérations et se placèrent chacun dans un couloir de tir.
« On va voir si tes tirs valent les miens ! défia Ambre.
- Tu es bien sûre de toi ! »
Ils visèrent, tirèrent l’un après l’autre. Les cibles se rapprochèrent. En plein dans le mille, pour tous les deux.
« Pff ! je peux tirer beaucoup plus loin ! Dix mètres, c’est vraiment peu.
- Attends un peu, Ambre. Tu ne diras pas ça tout à l’heure. »
Rejetant ses cheveux ondulés en arrière, Ambre commanda au surveillant électronique d’augmenter la distance. Quelques « bip-bip » et l’ordinateur obéit. Après de nombreux essais, Ambre décida qu’il fallait passer aux choses sérieuses.
« Puisqu’on a des résultats à peu près identiques, il va falloir se départager… et vite ! Dans dix minutes la pause est finie.
- Tu suggères les salles de combat ?
- Exactement ! » lui répondit-elle, le sourire narquois.
Ils changèrent donc de salle et de surveillant. Leur nouvel équipement comprenait des boucliers portatifs qui dégageaient une douce lumière autour d’eux, et des visières de protection. La règle était simple : chacun devait détruire la protection de l’autre, à force de tirs sur le dispositif accroché à la ceinture. Les lasers étaient censés être bloqués sur faible puissance et ne pourraient pas blesser.
Ambre se posta à un coin de la salle vide, Virian à l’autre. Ils avaient trente mètres sur trente pour se battre. Au signal sonore du surveillant, diffusé par un haut-parleur, ils se mirent à courir et bondir l’un vers l’autre, tout en restant à une respectable distance.
Du calme, je n’aurai pas droit à l’erreur… pensa Ambre.
Virian était bien entraîné. Mais l’on sentait que cela faisait peu de temps qu’il était parvenu à ce niveau et qu’il n’était pas encore au point.
Il court vite, l’animal ! Mais j’ai de l’entraînement, moi. Et je sais très bien me servir de cette arme…
Tout en faisant mine de faiblir lorsqu’elle évitait les tirs, Ambre repérait le dispositif. Son laser suffirait très bien. Soudain, alors qu’elle plongeait pour éviter un tir, elle se reçut mal et se retrouva à plat ventre. Virian eut un sourire méprisant : elle avait fait une erreur en le défiant. Il suspendit son mouvement une seconde. Cela suffit : Ambre roula sur elle-même, se redressa sur un coude, visa, tira. Le laser atteignit le dispositif en son point faible et la protection disparut avec un grésillement sinistre. Virian tomba sur le sol, assommé. Ambre avait frappé en plein sur la cible, mais le laser avait été réglé plus fort que prévu : la commande du bouclier avait été détruite et un choc électrique avait suffi. L’Enquêtrice était satisfaite mais ne le montra pas : elle se rua vers le surveillant, l’air complètement affolée.

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