La cité des dauphins, histoires policières de science-fiction et chroniques légères

Nos amies les taupes

On se rappelle qu'Ambre, amie du trio, a découvert des micros là où il ne devaient pas être. Dans les bureaux des trois Enquêteurs et à la cafétéria également. Il est temps de s'en occuper.
Dans son bureau, Médraline tournait comme un fauve en cage. Enervée, elle parlait tout haut :
« Prodigieuse découverte ! un mouchard… dit-elle, l’air dégoûtée. Et pour la seconde fois… Mais qui cela peut-il être ? Un Enquêteur, déduction logique : ce sont les seules personnes qui y circulent librement. »
Arrêtant brusquement sa ronde, elle saisit brusquement le combiné du visiophone mural et composa le numéro 216.
« Allô ? Fïndril et Cie, enquête informa- …Médra ? j’ai consulté, comme prévu, les enregistrements des entrées et sortie. Il n’y a eu aucun « blanc » ni aucune absence des caméras. Les gardiens ont tout vérifié sous mes yeux. Et aucune personne inconnue à l’AEP, n’a passé ses portes depuis dix jours. Toutes les identités ont été contrôlées avec soin. »
Elle réfléchit, entortillant sur son index une de ses mèches brunes. Quelque chose lui échappait et cela l’agaçait. Puis, relevant la tête, elle répondit :
« Où en est Ralian ? Est-ce qu’il a trouvé un renseignement auprès de l’informateur ?
- Je ne sais pas, ma chère. Appelle-le sur son portable.
- Bien… soupira t-elle. Merci.
- Ça n’est pas la grande forme, hein ?
- Non … »
Elle raccrocha, un sourire amer sur son visage.
C’est bien ce que je pensais : le traître est un Enquêteur. Impossible autrement. Quelle horreur ! Comment peut-on …?  Quel qu’il soit, il nous paiera ça !
Sortant de son bureau, elle passa devant la cafétéria et frappa à la porte du directeur de l’AEP.
« Entrez ! fit une voix bourrue.
- Bonjour, Monsieur Tradën. Je voudrais un petit renseignement. »
Son supérieur leva le nez de son ordinateur, quitta son dossier et croisa posément les bras sur son bureau.
« Médraline, mon bureau n’est pas celui des réclamations. Vous me dérangez dans mon travail.
- Je ne crois pas que quelqu’un d’autre puisse me renseigner.
- Bien… soupira t-il. Je suppose que vous voulez parler de la…
- Oui. Comment quelqu’un peut-il s’introduire dans l’AEP ? »
Tradën se renversa lourdement dans son fauteuil, qui gémit sous le poids.
« L’AEP est l’un des endroits les plus sûrs du monde. Hum ! Malgré tout… il y a plusieurs possibilités : la taupe peut être entrée comme tout bon Enquêteur, sans éveiller les soupçons, et agir seule : il s’agit alors d’un cas d’alerte B. Ensuite, pour le C, c’est un Enquêteur soudoyé. Vous en avez démasqué un il y a peu… l’affaire Solia. »
Elle acquiesça et posa la question qui lui brûlait les lèvres :
« Et le type A ?
- Le plus rare, et le plus dangereux : il y a en fait deux taupes. Une dans les voies supérieures, soudoyée dans 99,99 % des cas recensés au monde, qui a fait infiltrer l’autre, plus basse, sur le terrain, donc : ici.
- Je vois.
- Et de quel cas croyez-vous donc qu’il s’agit ?
- Je préfèrerais, si l’on peut dire, que ce soit une taupe C, mais rien ne peut nous aiguiller…
- En êtes-vous bien sûre ? »
Médraline dévisagea son supérieur, tapotant un stylo, qui avait une expression étrange. L’évidence la frappa. Tradën reprit :
« Avez-vous bien recensé tous les évènements étranges, même insignifiants, qui se sont produits ? Vous avez sûrement l’indice. Vous devez l’avoir : une taupe ne peut pas passer totalement inaperçue. Elle fait toujours une erreur : c’est humain. Dépêchez-vous d’aller travailler et ne me dérangez plus ! »
Elle sortit et referma machinalement la porte, se maudissant intérieurement.
Stupide que je suis ! ça me crevait les yeux !
Elle hésita une seconde puis prit un pas rapide et se dirigea vers le bureau d’Ambre. Après avoir discuté deux minutes, celle-ci conclut par :
« Enfin une bonne nouvelle ! Je vais pouvoir me dérouiller ! »

Vos commentaires

Aucun commentaire pour le moment.

Autres publications sur le sujet

Aucune référence pour le moment.

Vous pouvez faire référence à votre publication en utilisant ce rétrolien

Commenter cet article

*


Pour être sûr... combien font 4 + 5 ? *

Se souvenir de moi


Les champs marqués d'un * sont obligatoires
Votre commentaire sera affiché en texte brut à l'exception des liens