Le tueur au sourire
(3 un mort se venge)
Après être arrivé au bon étage y avoir fait un tour, Tradën déplaça son corps d’ours vers son bureau et y entra. Prenant possession de son domaine, il s’assit à son fauteuil qui gémit sous le poids. Le visiophone entra en connexion à l’instant même. Le « Barracuda » pressa une touche et décrocha le combiné. Une image bleutée apparut sur l’écran.
Belle ponctualité ! pensa le nouveau directeur.
« Bonjour, Infinie Florion , dit-il avec respect.
Après être arrivé au bon étage y avoir fait un tour, Tradën déplaça son corps d’ours vers son bureau et y entra. Prenant possession de son domaine, il s’assit à son fauteuil qui gémit sous le poids. Le visiophone entra en connexion à l’instant même. Le « Barracuda » pressa une touche et décrocha le combiné. Une image bleutée apparut sur l’écran.
Belle ponctualité ! pensa le nouveau directeur.
« Bonjour, Infinie Florion , dit-il avec respect.
- Bonjour Tradën. J’étais sûr que le comité de sécurité vous désignerait.
- Cher Florion, votre place était vacante et je venais de faire ma demande de mutation, aussi...
- Vous n’avez pas changé.
- Vous non plus, malgré votre nouveau poste.
- Fort heureusement, je ne suis pas de l’espèce de Solia ! … nous avons vu comment elle a fini. Bien, trêve de bavardages. Je suis votre supérieur direct, vous le savez.
- Que puis-je faire pour vous ?
- Diriger l’AEP, je sais que vous le ferez très bien. Il ne s’agit pas de cela : vous connaissez mes préférences.
- Le « trio infernal » ? » suggéra Tradën en souriant.
Il vit l’image de Florion sourire dans son liquide bleuté.
« Jamais de paroles inutiles concernant un sujet sérieux, n’est-ce pas ? … Bien. De toute façon, un surnom pareil était prévisible, après certaines affaires menées, disons... avec délicatesse, et l’intervention médiatique qui a suivi leur
dernière enquête. C’est la première qu’ils ont aussi bien réussi. Mais s’ils sont doués, le fait est que leur apprentissage est loin d’être terminé. Ce que j’ai commencé n’est pas –pour une fois– achevé.
- Comment ? après une affaire comme-
- Surveillez-les. Aidez-les, si vous sentez qu’ils en ont besoin. Faites attention : ils en sont encore à leurs débuts. Une fois leur apprentissage peaufiné… je ne donne pas cher de la peau de tout criminel qui leur fera face. Séparés, ils sont également efficaces, mais leurs aptitudes se complètent. Aussi, quoi qu’il puisse vous en coûter au début, ne les séparez pas pour une affaire dangereuse ! »
Il y eut un silence : Tradën pesait le pour et le contre de cette responsabilité.
« Vous avez ma parole. Ils deviendront les meilleurs Enquêteurs, si toutefois ils le peuvent. Malgré leur jeune âge, ils sont déjà bien connus… mais, n’y a t-il pas de raison précise à cette demande ? »
Un éclair passa dans les yeux noirs de Florion. Il ferma les paupières un court instant.
« Vous avez le flair de la « maison »... tant mieux. Hélas, oui : il y a une raison pour cela. Un tueur en série est apparu depuis quelque temps. Depuis le lundi 8 janvier, presque deux semaines. Mais il a déjà commis six meurtres, le dernier hier. Comment puis-je savoir qu’il s’agit du même personnage ? ... Le comportement. Et surtout, sa marque. »
Trois meurtres par semaine ! … Une marque ? Tradën fixa son interlocuteur avec plus d’attention.
« Un sourire. »
Médraline passait devant la porte de son supérieur. La voix de Florion la fit s’arrêter brusquement. Cette voix, pourtant amie, lui rappelait trop de souvenirs désagréables. Rolem vivait encore il y a un mois environ… et Dédale… Et Solia, un sourire triomphant sur les lèvres…
Elle passa la main dans ses cheveux pour chasser les images qui la hantaient encore.
« Comment cela ? …
- Nous le savons grâce à des témoins et au journal que tenait régulièrement l’une des victimes, la quatrième. La veille, un homme avait sonné à sa porte…
Extrait du journal électronique retrouvé dans les affaires de la quatrième victime, transmis à Tradën.
N.B : les heures ont été enregistrées automatiquement.
16h45 : hier, M. Calan m’a menacé de me mettre à la porte. Mais c’est la septième fois, ce mois-ci qu’il menace régulièrement quelqu’un de la sorte ! Pourquoi a t-il ce penchant sadique ? c’est assez stressant…
(puis, en dessous
17h02 : c’est épouvantable ! on aurait dit un détraqué, un fou, un… on sonne à ma porte en continu. J’ouvre, plutôt mécontent, bien sûr. Une tête blanche, sans expression. Et puis elle prend cet air… de la haine ? de la folie ? de l’intelligence ? … terriblement intelligent, cet homme. Cela se voyait à ses yeux. Mais, ce sourire, atrocement cruel et triste à la fois. J’ai claqué la porte.
Je ne peux plus dicter : cela m’obsède. Je l’ai déjà vu ! Je l’ai déjà vu !
(ici s’achevaient les dernières lignes)
- Cher Florion, votre place était vacante et je venais de faire ma demande de mutation, aussi...
- Vous n’avez pas changé.
- Vous non plus, malgré votre nouveau poste.
- Fort heureusement, je ne suis pas de l’espèce de Solia ! … nous avons vu comment elle a fini. Bien, trêve de bavardages. Je suis votre supérieur direct, vous le savez.
- Que puis-je faire pour vous ?
- Diriger l’AEP, je sais que vous le ferez très bien. Il ne s’agit pas de cela : vous connaissez mes préférences.
- Le « trio infernal » ? » suggéra Tradën en souriant.
Il vit l’image de Florion sourire dans son liquide bleuté.
« Jamais de paroles inutiles concernant un sujet sérieux, n’est-ce pas ? … Bien. De toute façon, un surnom pareil était prévisible, après certaines affaires menées, disons... avec délicatesse, et l’intervention médiatique qui a suivi leur
dernière enquête. C’est la première qu’ils ont aussi bien réussi. Mais s’ils sont doués, le fait est que leur apprentissage est loin d’être terminé. Ce que j’ai commencé n’est pas –pour une fois– achevé.
- Comment ? après une affaire comme-
- Surveillez-les. Aidez-les, si vous sentez qu’ils en ont besoin. Faites attention : ils en sont encore à leurs débuts. Une fois leur apprentissage peaufiné… je ne donne pas cher de la peau de tout criminel qui leur fera face. Séparés, ils sont également efficaces, mais leurs aptitudes se complètent. Aussi, quoi qu’il puisse vous en coûter au début, ne les séparez pas pour une affaire dangereuse ! »
Il y eut un silence : Tradën pesait le pour et le contre de cette responsabilité.
« Vous avez ma parole. Ils deviendront les meilleurs Enquêteurs, si toutefois ils le peuvent. Malgré leur jeune âge, ils sont déjà bien connus… mais, n’y a t-il pas de raison précise à cette demande ? »
Un éclair passa dans les yeux noirs de Florion. Il ferma les paupières un court instant.
« Vous avez le flair de la « maison »... tant mieux. Hélas, oui : il y a une raison pour cela. Un tueur en série est apparu depuis quelque temps. Depuis le lundi 8 janvier, presque deux semaines. Mais il a déjà commis six meurtres, le dernier hier. Comment puis-je savoir qu’il s’agit du même personnage ? ... Le comportement. Et surtout, sa marque. »
Trois meurtres par semaine ! … Une marque ? Tradën fixa son interlocuteur avec plus d’attention.
« Un sourire. »
Médraline passait devant la porte de son supérieur. La voix de Florion la fit s’arrêter brusquement. Cette voix, pourtant amie, lui rappelait trop de souvenirs désagréables. Rolem vivait encore il y a un mois environ… et Dédale… Et Solia, un sourire triomphant sur les lèvres…
Elle passa la main dans ses cheveux pour chasser les images qui la hantaient encore.
« Comment cela ? …
- Nous le savons grâce à des témoins et au journal que tenait régulièrement l’une des victimes, la quatrième. La veille, un homme avait sonné à sa porte…
Extrait du journal électronique retrouvé dans les affaires de la quatrième victime, transmis à Tradën.
N.B : les heures ont été enregistrées automatiquement.
16h45 : hier, M. Calan m’a menacé de me mettre à la porte. Mais c’est la septième fois, ce mois-ci qu’il menace régulièrement quelqu’un de la sorte ! Pourquoi a t-il ce penchant sadique ? c’est assez stressant…
(puis, en dessous

17h02 : c’est épouvantable ! on aurait dit un détraqué, un fou, un… on sonne à ma porte en continu. J’ouvre, plutôt mécontent, bien sûr. Une tête blanche, sans expression. Et puis elle prend cet air… de la haine ? de la folie ? de l’intelligence ? … terriblement intelligent, cet homme. Cela se voyait à ses yeux. Mais, ce sourire, atrocement cruel et triste à la fois. J’ai claqué la porte.
Je ne peux plus dicter : cela m’obsède. Je l’ai déjà vu ! Je l’ai déjà vu !
(ici s’achevaient les dernières lignes)
Par Lefélinbleu, Dimanche 12 Novembre 2006 à 21:44 GMT+2 dans Nouvelle 3 - Un mort se venge (article, RSS)






