Nouvelle 3-Un mort se venge
C’est aujourd’hui.
Dans son bureau, Médraline vérifiait que tout son équipement était correct. Commençant par les bottes, elle réajusta sa combinaison, replaça son fin pistolet bleu dans son étui, près du bras gauche.
Enfin, elle se dirigea vers la porte. En passant, elle jeta un coup d’œil au miroir fixé au mur. Ses longs cheveux noirs encadraient son visage aux traits accentués. Un visage calme …enfin.
Il lui faudra du temps à se remettre : l’ « affaire Solia » l’avait complètement déboussolée. Ce qu’elle pouvait être fragile…
Il avait toujours cette mèche naturelle écarlate dans ses cheveux sombres, qui lui cachait en partie l’œil droit. Un œil bleu foncé. De grande et mince stature, sportif, réfléchi, intelligent, il n’avait pas eu beaucoup de mal à entrer à l’Agence des Enquêteurs Professionnels. L’AEP dépendait d’une branche de l’Etat, dirigée par un comité de vingt sélecteurs des Enquêteurs, qui s’occupaient également de la paperasse de l’Agence, et contrôlée par la nouvelle Infinie de la sécurité : Florion.
« Ralian !
- Bonjour Médraline, lui répondit-il en souriant. Ton congé ?...
- Il m’a fait du bien, rassure-toi ! Mais, au fait… dit-elle en tournant la tête. Je ne vois pas Fïndril.
- Salut ! fit une joyeuse voix dans son dos. »
Elle se tourna et dévisagea son autre ami (n°216). Blond, l’air efféminé et apparemment moins fort que Ralian, il avait pourtant de bonnes aptitudes. Mais il était surtout connu pour son talent d’informaticien et de bricoleur. Et Médraline (n°351) ? Un peu de tout : intelligente, comme les autres, vive comme réfléchie, sportive et agile. Ils formaient le trio inséparable de l’AEP, auquel venait parfois se rajouter Ambre (n°815), une toute nouvelle recrue, maligne, qui surveillait tout… et surtout Fïndril.
Les voix mêlées de ses amis la secouèrent.
« Oui, oui, quoi ?
- C’est aujourd’hui !
- Ah… mais je le savais déjà, désolée !
- Eh ! Ralian, à quelle heure arrive le « Barracuda » ?
- Holà ! appelle-le comme ça ici et tu verras… 1ère inspection dès son arrivée : les Enquêteurs titulaires depuis cinq ans au plus. Nous en faisons donc partie. Il doit venir à 16h00.
- Dans une minute ! ! Voyons voir s’il est à l’heure.
- Eh bien ! j’espère qu’il saura remplacer Florion, maintenant qu’il est devenu l’une des Infinies.
- Gaaarde à vous ! » beugla une voix par le haut-parleur.
Tous les Enquêteurs concernés se précipitèrent dans les escaliers et les ascenseurs, arrivèrent à l’entrée de l’immeuble et s’alignèrent en face. La porte blindée du rez-de-chaussée s’ouvrit pour laisser passage à une tenue noire impeccable complétée de deux pistolets, un près du bras gauche, l’autre à la taille. Au-dessus… des cheveux châtains coupés courts, des yeux gris perçants au-dessus d’un nez aquilin. Un homme entre la quarantaine et la cinquantaine, de lourde et imposante stature, taillé comme un ours.
Il fit deux pas et s’immobilisa.
« Bonjour, dit-il d’une voix puissante. Je suis Monsieur Tradën, et je prends dès aujourd’hui même la place de Monsieur Florion –devenu Infinie, vous ne l’ignorez pas– comme directeur de l’AEP. »
Puis il avança lentement, en prenant son temps, détaillant d’un seul regard chacun des Enquêteurs titulaires alignés en plusieurs files face à lui : environ 150, ils tenaient juste assez dans le hall. Chacun donnait son prénom suivi de son numéro
–le nom de famille n’était pas mentionné à l’AEP. Par sécurité ? Cette « omission » datait de sa création, et personne n’en savait plus vraiment la cause–. Parfois, le Barracuda disait un mot à l’un d’entre eux. En passant près de Médraline, Ralian et Fïndril, il s’immobilisa puis planta son regard dans les leurs, successivement.
« Ah ah ! le « trio infernal » ! Un immeuble ravagé à leur actif depuis leur nomination comme Enquêteurs. Félicitations ! Solia était une belle proie. Si si ! »
Médraline esquissa un sourire. Il avait soigneusement lu leurs rapports. Intéressant… l’inspection terminée, il déclara :
« Bien. Vous pouvez retourner à vos occupations. »
Il se dirigea de son pas pesant vers l’ascenseur. Pourtant, malgré cette démarche, on décelait une force dissimulée en lui.
« Chapeau le patron ! souffla Fïndril.
- Au fait ! prévint Tradën sans se retourner, j’appellerai quelques Enquêteurs dans mon bureau. »
Et il partit d’un rire tonitruant. Le trio se contenait difficilement. Après qu’il ait refermé la porte, le blond éclata.
« Ah ! ah ! ah ! Je sens que j’vais l’a-do-rer !
- Il va sûrement nous tenir à l’œil, le prévint Médraline. Mais pour une fois… je ne suis pas contre : avec toutes les histoires que tu amplifies !
- Oh ! si on ne peut même plus bavarder ! » Il lui tourna le dos. Elle rit doucement : il faisait mine de bouder, comme d’habitude ! il adorait jouer la comédie.
« En tout cas… dit Ralian, admiratif, ce type n’est pas n’importe quoi. Vous avez vu ses pistolets ? la grande classe ! Et la carrure ! … Non vraiment, je crois que...
- Qu’on va faire du bon travail avec lui ? suggéra la brune.
- Certain ! croyez-en mon flair.
- Fïndril ! Ne fais pas n’importe quoi ! la dernière fois, ça s’est soldé par une confiscation de nos armes supplémentaires.
- Mais noooon ! tu me connais…
- Oui, justement !
- Hu-hum ! »
Voilà le début, désolée c'est un peu long et pas très accrocheur mais il fallait absolument introduire Tradën pour ensuite découvrir la nouvelle mission. La suite sera tout de suite plus... étrange.:-)
Par Lefélinbleu, Samedi 11 Novembre 2006 à 14:26 GMT+2 dans Nouvelle 3 - Un mort se venge (article, RSS)






