Nouvelle 8 :
L’ENFANT DE L’EAU
Mardi 8 avril 2008 - Vendredi 8 janvier 2010
Un an et huit mois de ma vie. 110 pages de premier jet, Times new roman, taille 10 comme d'habitude.
Suite et fin du diptyque de Thétys.
Voilà, une nouvelle page est tournée, une histoire est finie. Comme d'habitude, je suis terrorisée. Peur des incohérences qui en feraient une bouse ; peur de ne pas commencer autre chose d'ici deux-trois mois (mon délai de repos statistiquement habituel entre deux histoires).
Parce qu'écrire, pour moi, c'est plus qu'un exutoire (tiens, Istalle ! tu vas voir toutes les saletés que tu vas vivre !). Moments privilégiés où j'ai l'impression de mettre tout ce que je suis et que je n'arrive pas à comprendre dans des histoires cohérentes dont l'écriture me procure la sensation de vivre. Vivre vraiment.
Les opinions des lecteurs, à plus forte raison celles de mes proches, sont blessantes lorsqu'elles relèvent des failles, des laideurs, des passages mal rédigés ou brouillons. Je les écoute parce que je sais qu'ils ne me mentent pas.
Mais comment pourrais-je supporter d'écrire quelque chose de mauvais, de foncièrement inutile, alors que j'y ai consacré des heures parmi les plus agréables, les plus difficiles et les plus intenses de ma vie ?
La voie de l'écrivain, comme toute voie passionnelle, est semée d'embûches et de remises en question. J'en suis à une nouvelle étape : me forcer à me détacher de mes histoires et de ses personnages pour voir la dure réalité. Tel personnage est-il vraiment "utile" à l'histoire ? Peut-on vraiment dire qu'un personnage est inutile ? Que doit refléter le titre d'un livre ? Peut-on sacrifier les personnages secondaires au principal ? Que feraient les gens réels à la place de mes personnages ? Peut-on éviter une guerre stérile ? Comment voir les lourdeurs et les lenteurs ?...
J'en suis parfois à me demander si je ne devrais pas appeller les deux romans (surligner pour voir) Ekysse et Eyal, mais si je le faisais, ne serait-ce pas modifier l'esprit dans lequel je les ai écrits ?
Ce genre de questions reste en permanence dans mon esprit, à tourner en rond, à attendre une réponse. Ca semble très prise de tête ou très superficiel mais je ne peux plus les ignorer.
Après ça, il ne faut pas s'étonner que mes personnages soient un peu torturés...
Pour en finir, merci à M. d'avoir pris la peine d'écouter l'histoire de l'enfant de l'eau pendant deux heures. Elle m'a dit que ça semblait cohérent (hip hip hip...). Me restent deux choses avant de livrer mon nouveau bébé à mes proches : relire tout ! et, si possible, aller à l'aquarium du Trocadéro.
A bientôt !